Contrat doctoral — 2016-2019

8 mars 2016

Sujet de thèse :  Contrôle de l’homéostasie hormonale dans les interactions symbiotiques entre champignons et arbres (COHABIT)

Contexte — Les symbioses ectomycorhiziennes s’établissent entre les racines des arbres et les hyphes du sol. Elles sont essentielles pour la santé des arbres et par conséquent pour la durabilité des écosystèmes forestiers. En échange de carbone, les champignons ectomycorhiziens améliorent la nutrition minérale de l’arbre. Pour faciliter les échanges nutritifs, la morphologie racinaire est modifiée pour former un organe mixte, l’ectomycorrhize. Les signaux échangés par les deux partenaires (arbres et champignons) pour promouvoir et établir la symbiose sont encore largement méconnus. Néanmoins, il a été montré récemment que des petites protéines fongiques sécrétées (MiSSPs) sont au cœur de ce dialogue moléculaire. Ces protéines ont aussi été appelées effecteurs par analogie avec les effecteurs d’agents phytopathogènes, capables de moduler le métabolisme et/ou la l’immunité de la plante hôte. Une étude récente a montré que MiSSP7 module la voie de signalisation dépendante de l’acide jasmonique, à l’instar de certains agents pathogènes.

Objectifs — Déchiffrer les voies de signalisation hormonales ciblées par des effecteurs fongiques pour pour moduler le métabolisme/l’immunité de la plante hôte lors de la mise en place de l’ectomycorhize.

Démarche — Nous proposons d’élucider le complexe protéique permettant de contrôler la voie de signalisation dépendante de l’acide jasmonique dans les racines de peuplier et le rôle de MiSSP7 dans la régulation de ce complexe. Nous identifierons des effecteurs fongiques capables de cibler les récepteurs d’hormone ou les voies de signalisation hormonale dépendante de l’acide salicylique (AS) et l’acide gibbérellique (AG).

Résultats et impacts attendus — Sur le plan écologique, une meilleure caractérisation des interactions entre plantes et microorganismes (et notamment les interactions symbiotiques) est critique pour une productivité durable des écosystèmes. Sur le plan cognitif, démontrer que des voies de signalisation hormonale peuvent être contrôlées par des protéines produites par un microorganisme constituerait une avancée majeure dans le domaine d’étude des interactions plantes-microorganismes.

__________________________________________________________

Organisme Employer : INRA
Département & Equipe de recherche : UMR 1136 Interactions Arbres-Microorganismes – Equipe Ecogénomique des Interactions

Lieu de travail :
— Centre INRA Nancy-Lorraine (2 ans)
— Oak Ridge National Laboratory, Tennessee, US (1 an)

Durée du contrat : 36 mois
Salaire : 1757 € brut/mois

Date limite des candidatures 1 avril 2016

Job description

Le(a) candidat(e) recruté(e) travaillera dans le cadre du projet Plant Microbe Interfaces (http://pmi.ornl.gov/)), projet commun entre notre équipe INRA et le laboratoire National de Oak Ridge (US). Dans ce projet le modèle d’étude est l’interaction ectomycorhizienne (ECM) qui s’établit entre les racines de peuplier et le champignon symbiotique Laccaria bicolor. Les buts principaux de ce projet sont de déchiffrer les réseaux de molécules signals, gènes et protéines qui régissent la reconnaissance de deux partenaires symbiotiques, la colonisation de l’arbre hôte par le champignon et l’établissement de la symbiose ECM fonctionnelle. Ainsi, à la fois le développement, la croissance et les réponses de défense doivent être contrôlés et coordonnés. Nous testerons spécifiquement l’hypothèse que les champignons mutualistes contrôlent l’équilibre hormonal et/ou les voies de signalisation associées pour l’interaction. Une de nos études antérieures a montré que Laccaria bicolor sécrète un effecteur MiSSP7 capable de se fixer à un régulateur négatif de la voie de signalisation dépendante de l’acide jasmonique PtJAZ6. Cette fixation empêche la dégradation de ptJAZ6, bloquant la voie de signalisation et cette étape est requise pour le développement de l’ECM.

Le(a) candidat(e) recruté(e) devra (i) élucider les mécanismes par lesquels les protéines JAZ de Peuplier sont impliqués dans la mise en place de l’ECM et (ii) d’étendre nos connaissances sur le contrôle de l’homéostasie hormonale pour la mise en place de la symbiose ECM en cherchant des effecteurs de L. bicolor capable de se fixer sur des récepteurs hormonaux (récepteur acide salicylique, acide gibbérellique, éthylène).

Pré-requis :

  • Master en Sciences Végétales ou Microbiologie ou Génétique Moléculaire avec un intérêt dans l’étude dans l’étude des interactions plantes-microoganismes
  • Une expérience en génomique, génétique des plantes serait un avantage
  • Communication en Anglais entre les différents membres du laboratoire et avec les autres membres du projet.

Langue(s) de travail :  Français et Anglais indispensables

Application :  Les personnes intéressées doivent soumettre à Claire Veneault-Fourrey (claire.fourrey@univ-lorraine.fr)  (1) une lettre de motivation (2) un CV détaillé et (3) les coordonnées de 2 référents.

 

Contact : 

Claire Veneault-Fourrey
INRA Nancy
claire.fourrey@univ-lorraine.fr

 

Publications de l’équipe :

 

http://mycor.nancy.inra.fr/IAM/?page_id=318http://scholar.google.fr/citations?user=szYQqz4AAAAJ&hl=fr

https://scholar.google.com/citations?user=1BZ2sa0AAAAJ&hl=en